Jean Bart, Corsaire du Roi-Soleil

crédits : FAYARD.

Historien de la marine depuis plus de 40 ans, Patrick Villiers vient de publier aux éditions Fayard un nouvel ouvrage consacré à Jean Bart.

 

Un livre très riche sur le célèbre corsaire français, qui s’appuie sur une vingtaine d’années de travail en archives, mais que l’auteur a voulu facile à lire afin que le plus grand nombre puisse découvrir ce personnage d’exception.

 

Né en 1650 et mort en 1702, Jean Bart est Dunkerquois. Entré dans la marine royale comme simple lieutenant de frégate, il fut le premier des capitaines corsaires de la guerre de Hollande. La chasse aux barbaresques, mais surtout son évasion spectaculaire des prisons anglaises et le soutien indéfectible de Vauban attirent l’attention du roi Louis XIV.

 

Si l’espoir d’une prise stimule Jean Bart et ses compagnons, le patriotisme flamand les anime tout autant ; ils bravent avec panache les tempêtes de la Manche et de la mer du Nord comme les dangers de l’abordage.

 

A la tête des vaisseaux de l’escadre du roi, Bart accomplit des campagnes corsaires. Pourtant, c’est en protégeant les convois de blé, sauvant ainsi le royaume de la famine, qu’il devient un véritable héros. Sa victoire du Texel en 1694 lui vaut l’anoblissement et la reconnaissance personnelle de Louis XIV. Trois ans plus tard, il est nommé chef d’escadre pour avoir préservé Dunkerque des bombardements anglais.

 

Jean Bart, qui sut mener sa carrière aussi bien que sa fortune, est le vivant symbole de l’intégration réussie de Dunkerque dans le royaume de France.

 

A travers cette biographie richement documentée, Patrick Villiers Nous plonge dans l’histoire tumultueuse de la marine française en plein essor sous le Roi-Soleil.

 

Professeur émérite en histoire moderne à l’université du Littoral Côte d’Opale, fondateur du Centre de recherches en histoire atlantique et littorale, et membre de la Société française d’histoire maritime dont il fut le vice-président, Patrick Villiers, dont les ouvrages ont été à cinq reprises récompensés par l’Académie de marine, nous permet de diffuser l’introduction de son nouveau livre :

 

 

JEAN BART

Corsaire du Roi-Soleil

 

Fayard, 2013

 

INTRODUCTION DU LIVRE DE PATRICK VILLIERS

 

Roi des corsaires, corsaire du Roi-Soleil, vainqueur du Texel, sauveur de Dunkerque, le héros dunkerquois est probablement le plus populaire des marins français. Mais le héros est-il à la hauteur de son mythe ?

 

 

Suivre Jean Bart, c’est affronter la navigation et les tempêtes de la Manche et de la mer du Nord sur des coquilles de noix, puis sur des vaisseaux. Depuis l’époque romaine, la Manche et la mer du Nord sont beaucoup plus fréquentées, d’abord par les pêcheurs, ensuite par les caboteurs. Avec les Vikings, avec la Hanse, le pas de Calais redevient un lieu de passage essentiel dans la navigation de l’arc atlantique. Pourtant, c’est surtout à partir du XVIe siècle que la Côte d’Opale devient un littoral stratégique. Les marins hollandais, espagnols, anglais ou français, tantôt alliés, tantôt ennemis, s’affrontent pour la plus grande gloire de leurs cités-États ou de leurs souverains, mais également pour la liberté des mers. Le modèle de colonisation ibérique est brutalement remis en cause par les guerres de Religion, puis par la soif d’indépendance des Provinces-Unies. Les

« lutheranos » de Dieppe ou de La Rochelle, automatiquement considérés comme pirates par les Ibériques, s’allient aux gueux de mer hollandais. Pirates, résistants, corsaires, la frontière est bien floue et l’historien maritime y perd souvent son latin. La guerre de Quatre-Vingts Ans entre l’Espagne et les Provinces-Unies ainsi que les affrontements maritimes entre la France, l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal débouchent progressivement sur la naissance d’un droit corsaire. Simultanément, la première moitié du XVIIe siècle coïncide avec la naissance des marines de guerre permanentes et celle des premiers héros, Jean Fleury, Jacques de Sores, John Hawkins, Francis Drake, etc.

 

 

En construisant le Sovereign of the Seas, premier véritable vaisseau de ligne de l’époque moderne, les Anglais inaugurent le principe d’une marine de guerre permanente. Richelieu en avait bien compris la nécessité, Mazarin également, mais la Fronde l’oblige à nouer des alliances maritimes avec les Provinces-Unies ou l’Angleterre de Cromwell. La prise de Dunkerque par Turenne en juin 1658 est l’occasion pour le jeune Louis XIV de découvrir la mer, de même que le besoin d’une marine de guerre et de commerce ; l’achat de Dunkerque, la nomination de Colbert à la Marine et aux Colonies en sont la suite logique. Cependant, une marine ne se construit pas en un jour. Il est nécessaire de bâtir et équiper des arsenaux, construire des vaisseaux, prévoir des approvisionnements, faire des choix stratégiques, trancher entre galères et vaisseaux, définir une politique navale, arbitrer entre Levant et Ponant, Atlantique, Manche et mer du Nord. De nouveaux arsenaux s’imposent : Rochefort pour protéger la côte atlantique ou Le Havre et Dunkerque pour la Manche. Décision ne veut pas dire réalisation : il faut plus d’une génération avant que ces arsenaux ne soient opérationnels. Or la guerre n’attend pas ; celle de Dévolution voit la marine française jouer un rôle marginal dans ce qui est également la deuxième guerre anglo-hollandaise. En dépit des injonctions de Louis XIV, la course dunkerquoise est quasi inexistante faute d’hommes et de capitaux. Jean Bart, Charles de Keyser et nombre de futurs marins dunkerquois servent d’abord sous les ordres du Hollandais Ruyter, le meilleur amiral du temps. Ce n’est que pendant la guerre de Hollande que les corsaires français joueront un rôle primordial mais le tournant se fera surtout à partir de 1674, après que l’Angleterre eut cessé de combattre les Provinces-

Unies. Pour s’imposer, la marine française choisit la Méditerranée où Duquesne triomphe de Ruyter. Dans le Ponant, et particulièrement en Manche, l’offensive revient aux corsaires, choix stratégique ambigu, révélateur de la faiblesse de la marine royale. Fondamentalement, le corsaire est armé par des particuliers : armateur, actionnaires, capitaine, équipage à qui le pouvoir délègue la fonction régalienne de faire la guerre. Mais ces intérêts privés sont moins motivés par la politique que par le gain. Le profit, et Jean Bart comme Vauban y reviendront sans cesse, est le moteur de la course. Dunkerque, Saint-Malo dans une moindre mesure bénéficient d’une situation géostratégique idéale : une mer étroite et des places marchandes d’importance mondiale. La possibilité de faire des gains rapides attirant les premiers capitaux, reste à trouver les hommes. Les armements en course reposent sur l’autofinancement. Malheur au capitaine bredouille, il ne retrouvera pas de second navire. Jean Bart, Duguay-Trouin sont exemplaires à cet égard : leur premier navire est minuscule, puis le tonnage du bâtiment et son nombre de canons sont presque proportionnels aux succès des campagnes.

 

 

La marine de guerre est par nature autorisée à capturer les navires ennemis, revendus au profit de l’État qui peut alors en faire une politique : la stratégie corsaire chère à Vauban. Pourtant, la marine de guerre a bien d’autres missions – batailles navales, contrôle de la mer, escorte de navires, transmission de l’information, protection des colonies, etc. L’État doit alors faire des choix, décidant de détruire les navires ennemis plutôt que de les capturer. Jean Bart, sur ordre de Seignelay puis de Pontchartrain, anéantit des dizaines de navires harenguiers hollandais, déclenchant la famine aux Provinces-Unies. Cependant, marine de guerre et corsaires sont complémentaires. Les Espagnols en avaient fait la preuve à Dunkerque en associant déjà galions du roi et frégates corsaires. Le Boulonnais Panetié, à la demande de Colbert, reprendra cette tactique à la tête de la première escadre du Nord créée à Dunkerque. Jean Bart, qui a servi sous ses ordres, portera à sa perfection cette association : jusqu’à trente corsaires suivront l’escadre du Nord.

 

 

 

En août 1787, Castries, secrétaire d’État à la Marine et aux Colonies, par une lettre circulaire, informe les intendants des ports de guerre que « le Roi a bien voulu donner un nouveau témoignage de sa satisfaction au corps de la Marine en décidant que trois des vaisseaux de 74 canons en construction tant à Brest qu’à Lorient et à Toulon porteront les noms des grands hommes qui ont contribué à l’illustrer ». Les noms retenus sont ceux de Tourville, Duquesne et Duguay-Trouin. Le premier a été vice-amiral, le deuxième lieutenant général, le troisième chef d’escadre en 1715 puis lieutenant général en 1728. Un quatrième bâtiment, également un vaisseau de 74 canons, commencé en 1787 à Lorient et lancé en 1790, est à la fin de 1787 baptisé le Jean Bart. Jean Bart est ainsi le premier chef d’escadre à avoir donné son nom à un vaisseau de ligne de la marine royale. En 1671, le Roi-Soleil avait décidé que les vaisseaux ne porteraient plus que des noms de qualités royales : le Triomphant, le Terrible, le Courageux, le Foudroyant, ou liés à la dynastie royale : le Royal-Louis, le Dauphin, la Reine, le Saint Louis, le Bourbon. En accordant des noms de marins illustres à ses vaisseaux, Louis XVI crée une véritable révolution, témoignant de sa satisfaction pour sa marine victorieuse de la guerre d’Amérique.

 

 

 

Sur ces quatre marins, trois sont d’anciens corsaires et Tourville lui-même s’était illustré dans la course avec l’ordre de Malte contre les barbaresques. Tous les corsaires ne sont pas des combattants. Panetié, capitaine des vaisseaux du roi, abandonné en 1677 en plein combat, fulmine contre les capitaines corsaires dunkerquois. Selon lui, seuls trois d’entre eux sont dignes d’être capitaine au service de Louis XIV, Jean Bart en premier, et celui-ci prouvera qu’il avait vu juste. Panetié est le premier marin de la Côte d’Opale nommé chef d’escadre par Louis XIV. Marin brillant, courageux, très bon tacticien comme le montre son combat à Barfleur, il est le mentor du Dunkerquois et pourtant l’Histoire n’a pas retenu son nom, au contraire de Jean Bart. Certes, ce dernier est issu du peuple alors que Panetié, fils du capitaine des gardes du duc d’Aumont, le gouverneur de Boulogne, appartient à la petite noblesse. Mais l’une des raisons essentielles réside dans le fait que les succès de Jean Bart sont surtout des succès individuels. Panetié s’illustre dans des batailles navales où le fruit de la victoire, partagé entre les différents chefs d’escadre, est couramment attribué au commandant en chef, Tourville.

 

 

Jean Bart a-t-il connu la gloire de son vivant ? Elle est incontestable à Dunkerque, mais jusqu’où rayonne-t-elle ? Il est difficile de le savoir. Néanmoins, lorsque Faulconnier publie en 1730 son Histoire de Dunkerque, Jean Bart y figure

en bonne place. Dans les Mémoires de Forbin, Jean Bart est un des marins les plus cités, même s’il y est décrit comme un marin fruste, illettré et parlant à peine le français. Ce portrait à charge aurait pu être porté au crédit du Provençal s’il n’avait pas violemment attaqué Duguay-Trouin ; mais ce dernier, encore vivant, put se défendre et Forbin ne sortit pas grandi de la polémique. Il faut attendre jusqu’en 1780 pour rencontrer le premier biographe de Jean Bart en la personne d’Adrien Richer (1720-1798), natif d’Avranches, qui obtient un vrai succès de librairie avec ses biographies de marins dont la première porte sur notre homme (1780), et la dernière (1790) sur Jean d’Estrées. Richer a eu connaissance des Mémoires de François-Cornil Bart, le fils aîné du Dunkerquois, Mémoires aujourd’hui disparus. Il a recueilli sans les contrôler les anecdotes les plus pittoresques sur un fond historique plus ou moins crédible. Il en est résulté un mélange de fantaisie et d’authenticité que malheureusement la plupart de ses successeurs ont repris à la lettre, particulièrement Eugène Sue. L’écriture de son Jean Bart et Louis XIV, Drames maritimes du XVIIe siècle, publié en 1852, est plus proche du roman-feuilleton que de la biographie historique. Eugène Sue ajoute encore à la confusion en intégrant des documents empruntés au fonds Marine des Archives nationales qu’il avait fait figurer dans son Histoire de la Marine française publiée en 1835, ouvrage dans lequel il avait plus ou moins cherché à faire oeuvre d’historien. Les légendes sur Jean Bart auraient pu être rectifiées par Vanderest dans son Histoire de Jean Bart publiée en 1841 dans un volume de l’Histoire de la Marine dédiée à l’Amiral de France par le baron Roussin, car Vanderest, dunkerquois et professeur d’histoire, était bien placé pour corriger les erreurs ou les exagérations les plus manifestes.

 

 

 

Mais il faut attendre le grand érudit boulonnais Henri Malo, véritable autodidacte de la guerre de course, pour voir une première remise en cause de l’histoire navale de Dunkerque de Philippe II à Louis XIV. Ses dépouillements d’archives tant dans les archives locales qu’aux Archives nationales sont impressionnants et son travail sur Les Corsaires dunkerquois et Jean Bart (1912) reste incontournable. Il faut y ajouter les recherches d’Émile Mancel et ses nombreuses notices biographiques publiées de 1889 à 1905 dans le bulletin de l’Union Faulconnier, société historique de Dunkerque. N’oublions pas enfin la remarquable étude d’Alexandre-François Lesmaries sur « La fortune de Jean Bart », qui a contribué à rendre définitivement obsolète l’image d’un Jean Bart prolétaire. Multiples ont été les biographies de Jean Bart au XXe siècle, particulièrement à la veille de la Seconde Guerre mondiale et pendant, la plupart ouvrages de circonstance relevant surtout de la compilation. La recherche de documents sur Dunkerque et sa marine n’a pas été abandonnée cependant ; la Société dunkerquoise d’histoire et d’archéologie publie régulièrement des documents inédits et organise des colloques, notamment le remarquable Jean Bart et son temps, orchestré en 2002 par la ville de Dunkerque pour le tricentenaire de la mort du héros dunkerquois.

 

 

En dépit ou à cause de ces ouvrages, la popularité de Jean Bart ne s’est jamais démentie. Son nom fut donné sans interruption à des navires de la Révolution, de l’Empire et de la Restauration jusqu’en 1833. En 1849, ce fut le cas d’un bâtiment de la Deuxième République, puis d’un vaisseau à voile transformé en vaisseau mixte à vapeur sous Napoléon III. Sous la Troisième République, un croiseur puis un cuirassé de 23 400 tonnes et surtout, en 1940, un cuirassé de 35 000 tonnes sont baptisés du nom du héros dunkerquois. Ce cuirassé, le plus puissant de la marine française avec le Richelieu, échappe aux Allemands en 1940, évasion qui renforce la gloire de Jean Bart et de la marine française.

 

 

 

Des zones d’ombre demeurent dans l’histoire de Jean Bart et ce travail tentera de lever le coin du voile. Jean Bart écrivait peu, hormis les lettres de service, des rapports de mission et des mémoires essentiellement professionnels. Beaucoup ont été perdus. Il est également difficile de connaître l’homme privé, car les archives notariées de Dunkerque ont lourdement souffert des destructions des deux guerres mondiales. Néanmoins, la ténacité peut encore favoriser le chercheur : c’est ainsi que nous avons pu retrouver un mémoire sur la course cosigné par Jean Bart et un rôle d’équipage du Maure, ainsi que des documents sur la visite de Louis XIV à Dunkerque permettant d’identifier et de dater un tableau du musée des Beaux-Arts de Dunkerque.

 

 

Tous ces documents confirment un aspect fondamental de la personnalité de Jean Bart : la recherche de l’ascension sociale. La guerre de course est la première étape. Heureux mari, roi des corsaires, fortune faite, le Dunkerquois aurait pu s’arrêter là. Nombreux furent les corsaires qui, la paix revenue, devinrent capitaines marchands ou armateurs, à l’exemple de ses propres frères. Paradoxalement, la paix de Nimègue est l’occasion de commencer une seconde vie comme officier au service du Roi-Soleil. Seul roturier recruté comme lieutenant de vaisseau en 1678, il va accepter les diverses missions du temps de paix – convoyage de vaisseau, capitaine au service des marchands, chasse aux Barbaresques sur la côte portugaise comme en Méditerranée –, accumulant ainsi une extraordinaire expérience de la navigation maritime sur les mers d’Europe.

Il est toujours commandant de son navire, le plus souvent une petite frégate ; jamais il ne servira en second sur un vaisseau du roi. Mais c’est la guerre de la ligue d’Augsbourg qui le révèle aux yeux de Louis XIV comme de l’opinion publique. Chargé d’escorter un convoi, il se sacrifie pour éviter la capture des navires marchands. Fait rarissime, il s’évade d’Angleterre en traversant la Manche à la rame. Contrairement à la légende, ses missions d’officier du roi sont rarement corsaires. Seignelay puis Pontchartrain le chargent de détruire la flotte harenguière hollandaise et de créer un sentiment d’insécurité en mer du Nord. À la tête de l’escadre du Nord, Jean Bart va devenir la terreur des marchands et des pêcheurs. Pour mettre fin à cette menace, les Anglo-Hollandais adoptent la tactique du « closed blockade ». Ils parviennent à immobiliser pendant de longs mois l’escadre de Jean Bart, ce dernier finissant pourtant toujours à appareiller, accompagné par de nombreux corsaires. Jean Bart préfigure ainsi l’attaque en meute des convois. Tandis que la flotte de guerre affronte les plus gros navires d’escorte, les corsaires de Dunkerque raflent les navires marchands qui sont dans la mesure du possible ramenés dans un port et vendus après jugement de bonne prise. Le produit des captures est ensuite partagé entre le roi et les armateurs. Le nombre de prises faites par les Dunkerquois atteint son apogée et Dunkerque s’impose comme le premier port corsaire de France. Tandis que le projet de débarquement de Jacques II en Écosse est annulé, la seule annonce de la nomination de Jean Bart à la tête de l’escadre du Nord suffit à mobiliser devant Dunkerque jusqu’à cinquante vaisseaux ennemis. Louis XIV ne se privera pas d’utiliser l’escadre du Nord comme d’une « fleet in being », c’est-à-dire une menace. Avant Anvers, Dunkerque est un pistolet braqué sur Londres et sur

Amsterdam, ce qui soulage d’autant les flottes de Brest, de Rochefort ou de Toulon.

 

 

Si Jean Bart sert dans la flotte de Tourville à Béveziers comme à Lagos, il accomplit ses plus grands exploits en commandant les missions d’escorte des convois de blé venant de la Baltique. En reprenant un convoi de cent trente navires chargé de blé grâce à sa victoire du Texel, il sauve la France de la famine. Le Dunkerquois est tout aussi capable de protéger sa ville des bombardements anglo-hollandais. Par deux fois, à terre, prenant la tête de ses équipages, il repousse les galiotes à bombes qui ont dévasté Dieppe. Son coup d’oeil, son courage physique, son sens du commandement en font un chef exceptionnel reconnu de tous. Bien sûr, Jean Bart ne méprise pas pour autant les honneurs et l’argent. Il place habilement ses gains corsaires, prêtant à son frère armateur ou construisant pour les louer plusieurs hôtels particuliers. Remarqué par le commissaire Hubert et par Vauban, il sait faire sa cour quand l’occasion s’en présente. Seignelay, Pontchartrain le convoquent pour avis, Louis XIV le reçoit à Versailles, lui remet personnellement la croix de Saint-Louis, l’anoblit. Avec le soutien de sa seconde épouse, Marie Tugghe, Jean Bart pousse sa carrière avec habileté ainsi que celle de son fils aîné, François-Cornil Bart, qui parviendra à la plus haute dignité de la marine française, celle de vice-amiral.

Dunkerquois d’abord, flamand toujours, Jean Bart est le symbole de l’intégration réussie de Dunkerque dans le royaume de France.

 

 

Par Patrick Villiers

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